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Livraisons nocturnes : comment gérer les nuisances sonores ?

Devenue la règle pour les supérettes urbaines et les commerces de bouche, la livraison de nuit libère la voirie dans la journée. En faisant circuler les camions aux heures de faible trafic, leurs émissions polluantes sont réduites, mais leurs nuisances sonores se remarquent davantage. Plusieurs mesures peuvent réduire les nuisances sonores.

Les nuisances sonores, un écueil à maîtriser

La livraison nocturne est parfois une obligation réglementaire locale, en réponse aux difficultés de stationnement et de circulation diurnes. Si elle doit être accomplie le plus discrètement possible, il n’est toutefois pas toujours aisé de limiter les éventuelles nuisances sonores qu’elle peut occasionner. Principalement liées aux bruits de roulement, aux moteurs et aux effets aérodynamiques, leurs effets sur la qualité de vie sont négatifs et multiples.

Depuis 1999, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle l’impact du bruit sur le sommeil et la santé en général. Elle recommande donc une limite d’exposition sonore nocturne de 40 dB, sur une base de 8 heures d’exposition ; un seuil difficilement atteignable lorsque l’on sait qu’une rue où circulent des véhicules peut vite atteindre 80dB. Le problème est tel que la réglementation européenne s’est emparée du problème à travers la directive 2002/49/CE relative à l’évaluation et à la gestion du bruit dans l’environnement.

De quels bruits parle-t-on exactement ?

Si l’on considère les nuisances nocturnes occasionnées par des véhicules en livraison, l’on peut identifier 2 vecteurs essentiels.

Lorsque le véhicule roule, ses bruits émanent de trois sources : roulement sur la chaussée, moteur et effets aérodynamiques. Ces derniers peuvent être ignorés aux vitesses pratiquées en ville. En revanche, les bruits de roulement ne peuvent pas l’être. Ils augmentent avec la vitesse, notamment sur les pavés. Les bruits de moteur sont quant à eux perceptibles même à l’arrêt, doublés par ceux du groupe frigorifique.

Lors de la livraison proprement dite, ce sont les bruits propres à la manutention qui peuvent se montrer les plus gênants. Les ouvertures des portes du fourgon, les mouvements du hayon élévateur, le déplacement des rolls ou celui du transpalette produisent des chocs ou des grincements, par exemple sur les rampes métalliques amovibles utilisées pour franchir les marches ou les trottoirs. Chaque bruit ayant une origine identifiée, il peut faire l’objet d’une mesure adaptée.

Réduire le bruit

Heureusement, ils existent plusieurs leviers sur lesquels jouer afin de diminuer le bruit. Pour réduire les nuisances, le transporteur peut agir sur son équipement et son utilisation, mais aussi sur la formation de son personnel.

Les bruits du moteur dépendent de la motorisation utilisée. La plus silencieuse est évidemment la propulsion électrique. Le gaz (GNV) est pour sa part plus discret que le diesel. Remarquez que le constructeur DAF propose ses camions diesel en version Silent afin de limiter le bruit en ville. L’entraînement du groupe frigorifique est bruyant s’il est confié à un moteur thermique. On pourra donc lui préférer un groupe électrique ou cryogénique.

Les bruits de manutention dépendent en partie de la maintenance du matériel. Un hayon peut grincer s’il n’est pas entretenu. Le plancher du fourgon et le plateau du hayon peuvent être recouverts de surfaces insonorisantes. Rolls et transpalettes sont pour leur part susceptibles de recevoir des roulettes silencieuses.

La nature des marchandises est évidemment déterminante. Il est difficile d’attendre la même discrétion de la part de bouteilles en casiers et de la part de linge en ballots. Entre deux livraisons, limiter volontairement la vitesse à 30 km/h abaisse nettement le bruit de roulement. Enfin, la sensibilisation des chauffeurs est dans tous les cas déterminante.

A noter que les efforts du transporteur pour limiter le bruit doivent être valorisés et mis en avant par des labels comme Certibruit ou Piek. Délivrée en France par le Cemafroid, la certification Piek assure que le matériel respecte le seuil sonore de 60 dB(A). En complément de ces actions du transporteur, les municipalités peuvent réduire les bruits en ville, ou plutôt les absorber, grâce à la végétalisation de l’environnement urbain et à l’application de revêtements routiers en béton bitumineux drainant, qui réduisent notablement les bruits de circulation. Rappelons finalement que de nombreuses villes en Europe définissent aussi leur propre seuil sonore, cafin de garaantir des nuits plus paisibles pour leurs résident.

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